Christophe Kerebel

Origine de ma passion

Ma passion pour l’art numérique s’est développée par nécessité, après une succession de choix indécis sur l’avenir tant sur le plan professionnel que personnel, j’ai naturellement développé un profond désir d’exprimer mes sentiments et ma façon de voir les choses. Il est parfois délicat de trouver sa place dans une société ou dans un environnement que l’on n’a pas vraiment choisi de grandir, de se donner un but à atteindre alors que nous n’avons pas la moindre idée du comment et pourquoi, chacun d’entre nous avons quasiment l’obligation de trouver une raison de vivre et de se glisser dans les rangs par ordre hiérarchique, tel un soldat se rendant au champ de bataille. Esprit bourré d’incompréhension ou éclatement de lucidité dû au passage de l’adolescence à l’adulte, tel est l’état ressenti,  le même que tout le monde ressent, le jour où vos proches vous demandent … tu veux faire quoi plus tard ? Ce passage obligatoire de la grande réflexion, qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? Se traduisant littéralement par (qui suis-je réellement ?).  Dans mon cas ce sera plutôt qu’est-ce que les autres veulent que je fasse, et surtout pourquoi !  Une grande lutte anticonformiste est lancée, obnubilé par la contradiction totale des choix et conseils d’autrui, je me retrouve bien souvent seul dans mes idéologies d’un monde où chacun est libre de faire ce qu’il a envie d’accomplir. Un côté analyste du moindre détail du comportement des autres qui a pour seul raison d’en comprendre le mien, c’est très largement développé. Il me fallait quelque chose, le quelque chose que tout le monde possède, je parle d’un hobbie, d’une passion, d’un passe temps, l’activité qui mettra en pause les milliers de questions me concernant. C’est alors qu’un ami photographe, particulièrement talentueux en photos de paysages marin, me donne la recette du bonheur, celle de m’exprimer à travers un objectif, et d’en découvrir une technique d’apprentissage sur soi-même. Il est certain que c’est par le biais du regard des gens rencontrés que nous apprenons à nous connaitre de mieux en mieux, mais c’est également valable pour l’environnement qui nous entoure. Je me retrouve donc sur les côtes bretonnes du Finistère en France, lieu où je réalise pour la premières fois toute l’ampleur de cette pratique. Devant moi un spectacle d’explosions de lumières se diffusant dans les nuages, donnant une palette de couleurs plus éclatantes les unes que les autres, un couché de soleil comme je n’en n’avais jamais vu, malgré les nombreux passages durant ma jeunesse. La photographie serait-elle donc une excuse d’apprécier l’environnement tel qu’on devrait le percevoir et être plus attentif aux éléments qui nous entourent. Je vois plutôt un moyen d’échappatoire mental par l’évasion psychique dans l’expression de la vision artistique. Une vision paramétrable par l’objectif, uniquement par la capture de lumière dans un espace maniable par sa vitesse et son champ de vision. Pas de règles, pas de contraintes, les limites n’étant fixées que par sa propre créativité ainsi que les connaissances techniques. C’est avec ces conditions que je décide de me focaliser dans l’apprentissage de la photographie.

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Début du rêve éveillé

J’aime comparer le mot rêve avec le mot fantasme, puisque la différence entre les deux et que l’un est possible tandis que l’autre ne l’est pas. Je rêve de voler mais c’est malheureusement impossible, puisque le rêve n’est pas une réalité. Le fantasme lui est une expression désignant quelque chose qu’on désire plus que tout, mais sans être irréalisable, d’ailleurs on le retrouve très souvent dans une connotation sexuelle, dans le désir d’accomplir une pratique idéaliste et difficile à réaliser. Il peut malgré tout être utilisé pour des choses bien différentes comme pour tout désir d’accomplissement ou situations idéalisées. La plupart des gens utilisent le mot rêve pour des choses réalisable mais qu’ils ne pensent pas vraiment atteindre. Dire que je n’ai jamais dit (Je rêve d’aller aux Etats-Unis) serait mentir bien sûr, et pour beaucoup de gens l’expression la plus utilisée est ‘’Je rêve de gagner au Loto’’ alors qu’ils savent très bien qu’ils ont quasiment aucune chance d’y être les heureux gagnants. Cependant, la notion du rêve a bien changé pour moi depuis, j’ai un regard  différent  sur le mot, quand il est employé comme expression réalisable mais sans y croire vraiment. C’est avec beaucoup d’expériences sur le terrain à la rencontre des gens et de leurs histoires les plus différentes et invraisemblables les unes que les autres, que l’on s’aperçoit que rien n’est impossible à condition d’y croire vraiment ! C’est ainsi que je résonne en rapport avec le rêve, plus il me paraît impossible et plus je sais qu’il va falloir y croire. Cela me semble valable pour bien de situations. Mais revenons au début, le début de mon désir, mon envie d’évasion, mon fantasme à MOI, mon rêve irréalisable. Découvrir, rencontrer, voyager, apprendre, se débrouiller, rire, pleurer, galérer … j’entreprends donc mon propre périple photographique dans un pays qui me passionne depuis toujours … Les Etats-Unis d’Amérique. C’est dans les rues de Manhattan à New York City que je me retrouve avec mes 25 kilos de matériels sur le dos, un sac énorme contenant, canon 7D, trépied, flash, parapluies, éclairages, rail …  et une multitudes d’objectifs ayant chacun sa fonctionnalité bien distincte, en d’autres termes, je ressemblais à un touriste portant sa maison sur le dos, l’air idiot aux regard évasif et aux pas hésitant, levant les yeux sur chaque sommets de buildings que je croisais.

The photography by christophe kerebel

Artist christophe kerebel american arts